Devis remis trop tard, prestations facturées deux fois, prix non affichés : la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié mardi 27 octobre le bilan de contrôles menés en 2024 et 2025 auprès de plus de 550 entreprises funéraires. Près de la moitié présentaient des manquements, à quelques jours de la Toussaint, période où les familles se rendent en nombre dans les cimetières.
Plus de 550 entreprises contrôlées en deux ans
Les enquêteurs ont visité, sur la base de signalements, environ 10 % des opérateurs du secteur, en métropole comme en outre-mer. Leur objectif principal : vérifier l’application du nouveau modèle de devis standardisé, obligatoire depuis 2025, qui sépare clairement les prestations obligatoires des prestations facultatives.
Le bilan est sévère. La DGCCRF a prononcé 250 injonctions de mise en conformité, 47 amendes administratives pour un total de près de 130 000 euros, et dressé neuf procès-verbaux pénaux pour pratiques commerciales trompeuses. Plus de 150 sociétés, dont les erreurs relevaient d’une méconnaissance des règles plutôt que d’une volonté de tromper, ont reçu un simple avertissement.
Des factures gonflées au détriment des familles
Parmi les pratiques relevées figurent la facturation de frais de désinfection liés au Covid-19 sans justification, ou la double facturation d’une même prestation. Un professionnel a été condamné à une amende de 5 000 euros et a dû indemniser ses clients : il calculait les frais kilométriques de transport du défunt à partir de son siège social, et non de la chambre funéraire.
Plus grave encore, selon le service de l’État, certains opérateurs cherchent à rendre le client « captif ». Ils remettent par exemple le devis après avoir déjà réalisé les premières prestations, ce qui engage la famille avant qu’elle ait pu comparer. D’autres conditionnaient la visite du défunt en chambre funéraire à des soins de conservation, une pratique interdite. Des cercueils affichaient aussi des mentions « made in France » ou « fabrication traditionnelle » sans justificatif.
Des prix en hausse de 15 % depuis 2021
Ces contrôles interviennent alors que les prix des services funéraires ont progressé de 15 % entre 2021 et 2025, selon l’Insee, cité par l’AFP. Dans un reportage diffusé mercredi soir, France 2 souligne que la perte d’un proche place les familles dans une situation de vulnérabilité dont certaines entreprises profitent pour alourdir la note.
La DGCCRF a également fait supprimer des clauses abusives, comme celle qui permettait à une entreprise de modifier seule le prix ou le contenu du contrat. Les petits opérateurs indépendants sont, selon elle, les plus nombreux à ne pas respecter l’obligation de fournir une documentation complète sur leurs tarifs.
Les bons réflexes avant de signer
Pour éviter les mauvaises surprises, la répression des fraudes rappelle quelques règles simples :
- comparer plusieurs entreprises : la liste des opérateurs habilités est disponible en mairie, dans les hôpitaux et les chambres funéraires ;
- refuser tout démarchage, interdit dans ce secteur ;
- exiger un devis gratuit, écrit et détaillé, au format standardisé, et faire expliquer chaque ligne avant de signer ;
- vérifier auprès de l’Agira si le défunt avait souscrit un contrat d’assurance obsèques ;
- en cas de litige, saisir le médiateur de la consommation ou faire un signalement sur la plateforme SignalConso.

